Ce que l'on dit de toi lorsque tu n'es plus là, c'est pour remplir le vide.
Dix mètres sous terre, c'est un nouvel écosystème. Enterré, mais pourtant si haut dans le ciel.
La seule façon raisonnable de rejoindre mars, c'est de s'enterrer vivant jusqu'au centre de la terre.
La mort d'une anomalie rétabli un peu la paix dans le monde. Il y a ceux qui diront que les silhouettes ne représentent que le faux enraciné dans le cœur du poète.
Que fait le poète à part se plaindre à longueur de journée?
Tu as atteint l'ouverture d'esprit nécessaire pour te contredire à haute voix, mentir et dire la vérité comme les deux facettes d'une même réalité difforme, déformable.
J'ai cru comprendre que, poète, je finirais seul, fou et pauvre.
Toujours faire fermenter cette haine des corps de métier, tous ces diplômes, toutes ces années qu'on a laissé atteindre le degré de putréfaction absolu.
mardi 10 mai 2016
jeudi 5 mai 2016
Inachevé 012: Georges
Ton épitaphe contient ton nom complet écrit en minuscule; celle des morts est d'une majuscule qui remet en cause ta volonté de quitter ce tas d'os et de chair qui se décompose.
Ai toujours voulu savoir l'atome qui te fait triste et vide.
Es un paria où le silence est à bannir, quelques sons d'ustensiles en aluminium qu'on entrechoque, toujours redire pour faire taire le triste souvenir d'un paysage bleu et inondé.
Tu satures le désert avec tes paroles creuses. Tout résonne de la roche à l'homme, le ruisseau t'applaudit. Il n'y a rien de glacial entre ces deux lèvres qui délimitent la savane.
Ai toujours voulu vivre dans une steppe pour relever le visage, redresser ma colonne vertébrale. Au loin, le ciel tombe sur des têtes. Tu retournes peu à peu à la brousse, l'oubli définitif, comme quelques miracles que nul n'aurait vu.
Tu rebrousses chemin vers la lisière qui n'est qu'une illusion d'optique. Ce Georges n'est pas le ruisseau pur qui longerait ton moi poreux et fragile.
Ai toujours voulu savoir l'atome qui te fait triste et vide.
Es un paria où le silence est à bannir, quelques sons d'ustensiles en aluminium qu'on entrechoque, toujours redire pour faire taire le triste souvenir d'un paysage bleu et inondé.
Tu satures le désert avec tes paroles creuses. Tout résonne de la roche à l'homme, le ruisseau t'applaudit. Il n'y a rien de glacial entre ces deux lèvres qui délimitent la savane.
Ai toujours voulu vivre dans une steppe pour relever le visage, redresser ma colonne vertébrale. Au loin, le ciel tombe sur des têtes. Tu retournes peu à peu à la brousse, l'oubli définitif, comme quelques miracles que nul n'aurait vu.
Tu rebrousses chemin vers la lisière qui n'est qu'une illusion d'optique. Ce Georges n'est pas le ruisseau pur qui longerait ton moi poreux et fragile.
jeudi 28 avril 2016
Inachevé 011: Projet pour le village
Si on pouvait recueillir la lumière dans des canaris, le village serait toujours illuminé.
Quand la lumière est là, il faut la recueillir, faire des réserves, remplir les calebasses, les seaux, les bouteilles et les bidons. La famille toute entière s'active. Maman porte les seaux de la chambre à lumière vers la source de lumière, puis de la source de lumière vers la chambre à lumière. Ce va-et-vient durera jusqu'au prochain délestage. Ce dont on est sûr, c'est qu'il n'est jamais loin: c'est l'amant du village.
Souvent, au village, on écrit des mots que l'on ne voit pas. On griffonne dans le noir quelques parcelles de soi. Mais tout cela va changer puisque @Grimardc* a découvert une façon plus économique d'emprisonner la lumière avec un miroir. C'est le résultat des études menées depuis plusieurs années par la poétesse-chercheuse.
Je parlerai de cette significative percée à @chemintournant pour que le village s'arrime et crée son entrepôt de lumière.
Quand la lumière est là, il faut la recueillir, faire des réserves, remplir les calebasses, les seaux, les bouteilles et les bidons. La famille toute entière s'active. Maman porte les seaux de la chambre à lumière vers la source de lumière, puis de la source de lumière vers la chambre à lumière. Ce va-et-vient durera jusqu'au prochain délestage. Ce dont on est sûr, c'est qu'il n'est jamais loin: c'est l'amant du village.
Souvent, au village, on écrit des mots que l'on ne voit pas. On griffonne dans le noir quelques parcelles de soi. Mais tout cela va changer puisque @Grimardc* a découvert une façon plus économique d'emprisonner la lumière avec un miroir. C'est le résultat des études menées depuis plusieurs années par la poétesse-chercheuse.
Je parlerai de cette significative percée à @chemintournant pour que le village s'arrime et crée son entrepôt de lumière.
*"Emprisonner la lumière des miroirs pour s'en éclairer quand viendra la nuit", @Grimardc
mercredi 20 avril 2016
Inachevé 010
Pendant que mon thé infuse.
La route est longue et poussiéreuse.
Avec le temps tu perds ton contenu au profit de l’eau, ce
tout-autour, ce dans quoi tu trempes.
Au village, on sait que les Hommes qui brillent ont trempé
quelque part, se sont mouillés jusqu’au cou comme pour garder la tête haute. Le
ciel leur tombera dessus dit-on lorsqu’il y a pénurie de kamo* et de koko*.
La tasse est lourde, pleine d’espoir et flexible. Elle se
veut flexible, rencontre des contraires ou maintien du soi profond que le monde
rejette.
*kamo: couscous à base de manioc consommé à l'Est du Cameroun
*koko: sauce locale qui accompagne généralement le kamo.
dimanche 6 mars 2016
Aimer---Rupture temporaire de l'inachèvement
Le lit est vaste, corrompu, tendre et nuageux en sa présence. Les horreurs de la nuit, tous ces frétillements exagérés, ce feu, un oubli de soi convoité pendant les six derniers jours du mois. C'est chaud, brûlant et on ne peut sortir de ce mensonge inextricable, descendre de cet arbre, sortir de ce labyrinthe que seule notre imagination créé quotidiennement.
Laisser les clés ailleurs, dans la chambre d'à côté, étage supérieur, ne surtout pas invoquer celui qui meurt à petit feu, sur un lit fait d'épines, trop large pour le réel, imaginatif. Mettre ce collier autour de son cou, signe d'adieu, l'étrangler jusqu'à ce que justice soit brisée, que sa voix ne puisse vibrer pour rien d'autre que la haine. Ressasser ce frôlement de deux êtres, ne pourtant vouloir que la viande, son élasticité, la vigueur des tendons, devenir cannibale.
Laisser les clés ailleurs, dans la chambre d'à côté, étage supérieur, ne surtout pas invoquer celui qui meurt à petit feu, sur un lit fait d'épines, trop large pour le réel, imaginatif. Mettre ce collier autour de son cou, signe d'adieu, l'étrangler jusqu'à ce que justice soit brisée, que sa voix ne puisse vibrer pour rien d'autre que la haine. Ressasser ce frôlement de deux êtres, ne pourtant vouloir que la viande, son élasticité, la vigueur des tendons, devenir cannibale.
mercredi 2 mars 2016
Inachevé 008 Rite de retour en blog
Une journée pour se morfondre, baver et vomir, repeindre le mur de sang de vache et d'excréments de porc, obtenir une couleur qui défie le prisme de la vie. Commencer le rite par des incantations d'apitoiement sur soi, cette bouche trop ouverte, cette haine profonde des liens verts et fragiles, ce besoin constant d'être ailleurs, hors de la forêt, hors de soi pour ne parler qu'aux âmes des autres.
Ne pas terminer le rite.
Ne pas terminer le rite.
lundi 8 février 2016
Inachevé 003
D'abord ce brindille qui se tort et transmet la flamme. Le soleil regarde et approuve le sec qu'il engendra se tordre et devenir rouge, allusion à lui même, puis le noir qui peu à peu signe l'effondrement, le retour à la cendre frontière de l'inerte et de la poussière.
Chaque jour, tu empruntes la route adjacente et te baignes dans cette poussière que tu es, que tu seras tôt ou tard. Pour l'instant, tu contemples ce spectacle du retour à la cendre, symbole du corps et de l'âme que l'on répand dans le fleuve.
Maintenant ne reste plus que l'épine dorsale, tout ce qui avait l'écorce bien rigide et ne servira désormais qu'à alimenter le feu de bois, entre trois cailloux fondamentaux.
Chaque jour, tu empruntes la route adjacente et te baignes dans cette poussière que tu es, que tu seras tôt ou tard. Pour l'instant, tu contemples ce spectacle du retour à la cendre, symbole du corps et de l'âme que l'on répand dans le fleuve.
Maintenant ne reste plus que l'épine dorsale, tout ce qui avait l'écorce bien rigide et ne servira désormais qu'à alimenter le feu de bois, entre trois cailloux fondamentaux.
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