jeudi 5 mai 2016

Inachevé 012: Georges

Ton épitaphe contient ton nom complet écrit en minuscule; celle des morts est d'une majuscule qui remet en cause ta volonté de quitter ce tas d'os et de chair qui se décompose.

Ai toujours voulu savoir l'atome qui te fait triste et vide.

Es un paria où le silence est à bannir, quelques sons d'ustensiles en aluminium qu'on entrechoque, toujours redire pour faire taire le triste souvenir d'un paysage bleu et inondé.

Tu satures le désert avec tes paroles creuses. Tout résonne de la roche à l'homme, le ruisseau t'applaudit. Il n'y a rien de glacial entre ces deux lèvres qui délimitent la savane.

Ai toujours voulu vivre dans une steppe pour relever le visage, redresser ma colonne vertébrale. Au loin, le ciel tombe sur des têtes. Tu retournes peu à peu à la brousse, l'oubli définitif, comme quelques miracles que nul n'aurait vu.

Tu rebrousses chemin vers la lisière qui n'est qu'une illusion d'optique. Ce Georges n'est pas le ruisseau pur qui longerait ton moi poreux et fragile.